Yannick Fournié
Interview – Yannick Fournie
Quel âge as-tu ?
Je suis né en 1972. J’ai aujourd’hui 53 ans.
Où vis-tu et travailles-tu ?
Je vis et je travaille à Biarritz, au bord de l’océan, face à un horizon qui change en permanence. Cette lumière, cette sensation d’espace et ce rapport à l’eau nourrissent profondément mon travail. Je suis également souvent en résidence entre le Brésil et Lisbonne.
Quelle est ta formation ?
J’ai étudié aux Beaux-Arts de Bordeaux, mais je suis parti assez vite. J’avais besoin d’une approche plus instinctive, plus libre. Je me considère aujourd’hui comme un artiste autodidacte, construit davantage par la vie, les voyages, l’observation et le travail quotidien que par un parcours académique classique.
Quand as-tu compris que tu voulais devenir artiste ?
J’ai toujours dessiné et peint depuis l’enfance. Mais devenir véritablement artiste, l’assumer totalement, est arrivé plus tard. Vers 35 ans, quelque chose est devenu évident. En découvrant certaines expositions, certaines peintures, j’ai été bouleversé par la matière, les textures, la lumière, la présence des œuvres. J’ai compris qu’au fond de moi, j’avais besoin de créer à mon tour. Puis à 40 ans, j’ai changé de vie. J’ai tout quitté pour ne faire plus que ça.
Comment décrirais-tu ton travail en quelques mots ?
Mon travail est une quête du beau, de la lumière et d’une certaine émotion silencieuse. Je viens d’une peinture très réaliste et figurative, mais je vais progressivement vers quelque chose de plus libre, plus expressionniste, presque impressionniste par moments. J’essaie de créer des atmosphères suspendues entre contemplation, nostalgie et modernité.
Quelles sont tes principales inspirations ?
Mes principales inspirations sont les lieux de vie, les environnements, les paysages et les horizons. Je suis très sensible à la lumière, aux atmosphères, aux contrastes entre architecture et nature, ainsi qu’aux sensations que peuvent provoquer certains espaces.
Écoutes-tu de la musique en travaillant ? Laquelle ?
Oui, j’écoute plusieurs styles de musique, dès lors que cela m’emporte et me met dans un état presque hypnotique. En général cela oscille entre trip-hop, jazz, musique acoustique ou électronique atmosphérique. C’est très variable selon les périodes et les tableaux.
Quel film ou livre t’accompagne ?
Les films m’inspirent plus que les livres. J’ai été marqué par le cinéma de Nicolas Winding Refn, notamment pour son esthétique, ses silences et sa façon de travailler la lumière. J’aime également beaucoup l’univers de Michael Mann pour ses atmosphères et ses cadrages.
Quelle émotion aimerais-tu provoquer ?
Ce qui me plaît, c’est un aspect méditatif, contemplatif, mais aussi que l’on découvre la complexité et la richesse de la peinture. J’aime que les gens s’interrogent sur la façon dont cela est fait, que ce soit une émotion douce et en même temps que le regard ne se détache pas de l’image.
Qu’est-ce qui t’obsède en ce moment ?
La lumière et la simplification. Aller vers quelque chose de plus épuré, plus essentiel. Chercher comment dire plus avec moins. Et toujours cette recherche d’atmosphère parfaite entre réalité et souvenir.
Quelle question aimerais-tu que l’on te pose ?
“Qu’est-ce que tu cherches vraiment à travers la peinture ?” Parce qu’au fond, je pense que toute ma démarche tourne autour de cette question.
- Yannick Fournié “Neon Garden” 150 x 150 cm. 2026 Acrylique sur toile.
- Yannick Fournié “ »Pool Night » 150 x 150 cm. 2026 Acrylique sur toile.
- Yannick Fournié « Solaris » 120 x 120 cm 2026


